Au secours de ma mère - Joseph Espinoza

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Au secours de ma mère

Au secours de ma mère - Joseph Espinoza

J’avais promis à mes amis que je les retrouverais dans un bar, le vendredi soir, juste après que je sois sorti de mon bureau. Ma mère m’avait avertie qu’elle passerait dans la semaine en ville, mais je n’avais pas eu de ses nouvelles avant aujourd’hui. Elle venait pour un soin de sa couperose. Je n’avais que quelques minutes à lui accorder. Quand je la vis dans le bar où elle m’attendait, elle me sembla fatiguée. Je la saluais sans mentionner ce que je venais de remarquer. Je ne voulais pas lui alourdir le moral en lui disant qu’elle avait la tête d’une femme qui passe toutes ses nuits à faire la fête, ce qui n’était pas son cas, je le savais. Elle avait toujours fait attention à son apparence, et elle m’avait expliqué que, même si j’étais du genre masculin, je ne devais pas me négliger.

Elle avait insisté pour que je commence à mettre de l’après-rasage, dès que j’ai commencé à avoir quelques poils. Elle m’avait aussi conseillé de faire des masques d’argile, au moment de l’adolescence, qui soignèrent mes boutons d’acné juvénile. Elle m’enseigna qu’une peau propre et bien nettoyée était essentielle pour paraître en bonne santé. Avec ses amies, elles avaient monté un club. Les séances de cette association se tenaient le samedi après-midi, et je fus entraîné, dès que je fus petit, dans ces moments typiquement féminins pendant lesquels ma mère et ses amies s’échangeaient des recettes de beauté naturelles.

Ma conjointe profitait de ce savoir et elle est encore étonnée que je puisse lui conseiller tel ou tel soin, selon ce dont elle a besoin. Ma mère n’était donc pas dans une grande forme, et elle m’expliqua la raison de ses soucis actuels : elle avait perdu un bijou auquel elle tenait beaucoup. Probablement, en faisant le ménage, mais elle ne l’avait pas retrouvé malgré ses recherches dans tout son logement. Le résultat de ses recherches n’avait été qu’une maison propre, parfaitement nettoyée, sans qu’elle parvienne à remettre la main sur son anneau de mariage. Elle avait eu du mal à me dire que son alliance lui manquait. Je lui promis de venir dès le lendemain matin, pour l’aider dans ses recherches. Le lendemain, comme je le lui avais promis, je vins, et je retournais toute son habitation, à la recherche de la bague si précieuse. Je la retrouvais dans la cuisine, sous une pile de torchons bien pliés.